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Le Climat Reste Tendu À Grand-Bassam Après Les Locales

Les populations de cette région de Côte d’Ivoire n’ont pas encore retrouvé leur quiétude depuis la fin des élections locales.

Il a eu beaucoup de tension lors des municipale du 13 octobre dernier à Grand-Bassam, à l’est d’Abidjan. Plus d’une semaine après la proclamation des résultats, il y a toujours des contestations de la part des partisans du maire sortant.

Est-ce que l’Abissa pourra se tenir ? Normalement, cette fête, célébrant le peuple N’Zima qui a lieu chaque année, devait avoir lieu du 20 octobre au 10 novembre. Pour l’heure, on ne sait réellement pas si cette fête pourra se tenir. En effet, cette cité balnéaire connaît de vives tensions depuis l’annonce des résultats du scrutin. La commission a donné la victoire au candidat RHDP, Jean-Louis Moulot face à son adversaire du PDCI, Georges Philippe Ezaley.

Les partisans du maire sortant contestent encore ces résultats. Le roi des N’Zima, Désiré Amon Tanoé, a essayé d’apaiser la situation en organisant une rencontre au palais royal le 21 octobre dernier. Mais c’était peine perdue. Sa Majesté a eu droit à des cris d’hostilité, lui qu’on accuse d’avoir soutenu le RHDP.

Une mission de contrôle diligentée !

Lundi 22 octobre dernier, les esprits se sont un peu échauffés. La mairie de Bassam apprenait dans une correspondance, en milieu d’après-midi, l’arrivée d’une mission de contrôle et de vérification. C’est la Direction générale de la décentralisation et du développement local (DGDDL), une structure sous tutelle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité qui s’en occupera. Quatre agents sont arrivés quelques heures plus tard. Vu que le maire n’était pas sur place, ils n’ont pu commencer leur audit que le lendemain à 9h30. Cette mission doit s’achever ce jour, vendredi 26 octobre 2018.

Certains restent surpris par le timing de cette mission. Mais le directeur de la DGDDL Lazare Dago Djahi assure : « Cette mission de contrôle et d’assistance n’a rien de politique. Elle fait partie d’une opération nationale de contrôle de la gestion des municipalités débutées en juin. Bassam devait même être contrôlée avant le scrutin ».

Ce même jour, Aïssatou Cissé Seye, membre de l’équipe de campagne du maire et superviseur le jour du vote a reçu une convocation. Elle devait se présenter à la préfecture de police d’Abidjan de 10h à 19h. Son avocat a expliqué qu’on lui avait demandé d’expliquer son rôle dans les violences qui ont eu lieu pendant la proclamation des résultats de l’élection. Amankou Kassi Gabin, préfet de Bassam, a, lui, été victime de séquestration. Des routes ont été bloquées et des pneus brûlés. Me Blessy a dit : « Ma cliente était suspectée d’être à l’origine de ces incidents, ce qu’elle a nié. Elle a été relâchée sans poursuite ».

« La différence entre les résultats compilés à Bassam et ceux annoncés à Abidjan est aberrante ».

Il a affirmé : « Nous avions près de 900 voix d’avance. Je l’ai emporté dans 20 des 26 lieux de vote. Les résultats ont été compilés et consolidés le lendemain du vote par la CEI locale devant les représentants de tous les candidats. Mais à notre grande surprise, le préfet a demandé à ce que le décompte total soit envoyé à Abidjan sans que l’on puisse en prendre connaissance. Personne ne nous a communiqué les résultats avant qu’ils ne soient annoncés officiellement à la RTI [la Radiodiffusion télévision ivoirienne, ndlr]. La différence entre les résultats compilés à Bassam et ceux annoncés à Abidjan est aberrante ».

Georges Philippe Eazaley est bien surpris par le rôle qu’a joué M. Amankou Kassi Gabin, préfet de Bassam. Il a expliqué : « D’abord, il m’a appelé à 17h le jour du vote pour me dire que la fermeture des bureaux serait décalée de deux heures sur l’ensemble du territoire. J’ai rapidement constaté que cette mesure concernait seulement Bassam. Ensuite, le préfet s’est rendu avec le candidat du RHDP dans les bureaux pour s’assurer que le mot d’ordre soit bien passé. Enfin, il a reçu ce même candidat deux jours après le scrutin en tant que nouveau « maire » alors que les résultats étaient encore contestés ».

L’actuel directeur de cabinet adjoint du chef de l’État, Jean-Louis Moulot a donné une conférence de presse le 24 octobre. Il a affirmé : « Lorsqu’un baobab tombe, ça fait beaucoup de bruit. Nous avons été victimes d’une fraude massive orchestrée et bien organisée. Nous avons des éléments de preuve étayés. En démêlant cette fraude, nous avons pu nous imposer dans les urnes. J’invite le maire sortant à s’inscrire dans une démarche républicaine, à respecter le verdict des urnes que seule la Commission électorale est habilitée à proclamer et à utiliser les recours légaux. Je l’invite à appeler ses partisans au calme, à surseoir à toute manifestation violente ou destruction de biens publics et à cesser de faire peser des menaces sur la tenue de l’Abissa ».

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